Le Paris des merveilles – tome 3 – Le royaume immobile – Pierre Pevel

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Un tome 3 qui même rédigé dix ans après les deux autres, reste dans le même esprit

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Si vous lisez cette chronique, c’est que vous avez lu les deux premiers tomes et que vous vous demandez si le tome 3 reste dans le même style et le même niveau de qualité que ses prédécesseurs. Surtout si vous êtes au courant du fait que ce nouveau roman, paru en 2015, a été rédigé 11 ans après les deux autres. Vous pouvez alors vous poser deux questions :

1/ Est-ce que le fait qu’il y ait eu un écart de dix ans entre les tomes 2 et 3 a pu jouer sur le style ou le ton général ?
2/ Est-ce que ce troisième tome reste de qualité ou est-ce juste un livre sur commande qui ne vaut pas vraiment le coup que je l’achète, parce qu’il va dénaturer cet univers que j’appréciais à l’époque ?

Voici mes réponses :

Ton & style

Si vous avez lu le cycle d’Elric de Moorcock, par exemple, avec son assemblage hétéroclite de romans écrits sur plus d’un quart de siècle, vous avez pu constater des écarts assez flagrants dans la richesse du style et parfois dans la complexité de l’intrigue ou des thèmes (ainsi que dans la psychologie des personnages) entre les livres écrits dans les années 60-70 et ceux, qui sont venus s’intercaler entre eux dans la structure du cycle, rédigés à la fin des années 80 ou au début des 90. Je pense que personne ne pourra nier que ni La Forteresse de la Perle, ni La Revanche de la Rose ne sont dans la droite lignée des romans plus anciens du cycle d’Elric, ces deux romans postérieurs étant beaucoup plus riches et moins directs, avec des intrigues et des univers plus exotiques, plus décalés, voire tortueux, que ceux des romans précédents. Et pour cause, Moorcock avait évolué en tant qu’écrivain, ce qui fait que le parfum général de ces livres, leur ton, avait changé, pour le meilleur ou pour le pire.

Est-ce le cas ici ? La réponse est pour moi assez clairement non. J’ai quasiment eu l’impression que le tome 3 avait été écrit peu de temps après le 2, et pas onze ans après. On retrouve parfaitement le style, l’humour, les dialogues savoureux entre les personnages et l’ambiance générale de l’univers créé par Pevel. La seule évolution notable est un ton et des thèmes / rebondissements plus noirs, mais c’est déjà une évolution qu’on avait pu constater entre les tomes 1 et 2 au demeurant. Donc en fait, il n’y a pas de rupture de ton, juste une évolution vers l’encore plus noir dans la continuité logique du tome 2.

La qualité du roman par rapport à celle des tomes 1&2

J’ai trouvé ce tome 3, qui se passe en 1910, quelques mois après les événements du tome 2, de qualité. L’intrigue est intéressante et n’est que partiellement prévisible. Le rythme est très bon (sauf sur la fin, voir plus loin), les péripéties intéressantes, le ton est certes noir mais l’histoire s’y prête. Nous retrouvons nos personnages favoris et un peu plus encore. L’escrime est encore un peu plus au centre de l’action et de l’histoire, là encore dans la logique continuité du tome 2. Donc ce tome 3 est (de mon point de vue) de qualité, même si j’ai un relatif bémol sur la fin, que j’ai trouvé un peu trop rapide, pas assez développée, voire même un poil tronquée. Il y a une cassure dans un rythme jusque là bien maîtrisé sur les dernières pages. Le dernier chapitre et l’épilogue m’ont paru un peu expédiés, je suis un poil resté sur ma faim. Mais bon rien de rédhibitoire tout de même.

En conclusion

Si vous avez apprécié les tome 1 et 2, vous pouvez acheter le 3, en sachant qu’il reste dans le même style et le même niveau de qualité que ses prédécesseurs. L’écart de dix ans entre l’écriture des deux premiers et du troisième roman n’a pas joué sur le style ou la qualité (du moins, toute critique étant hautement personnelle, je ne l’ai pas ressenti comme ça, ressenti comme une évidence), l’intrigue du 3 reste intéressante, bien que la fin soit un poil abrupte.

Un petit appel à M. Pevel…

Pour finir, j’aurais adoré voir d’autres aventures de notre duo de choc et de charme, je pense par exemple que la baronne se serait sentie comme un poisson dans l’eau dans le Paris des Années Folles. Et pourquoi pas un récit des inventions techno-magiques géniales de Griffont, aidant à mettre un terme rapide à la Grande Guerre ? M Pevel, si vous me lisez, je ne pense pas être le seul qui n’ait pas envie que le cycle s’arrête, donc à vot’ bon cœur m’sieurs-dames…

3 réflexions sur “Le Paris des merveilles – tome 3 – Le royaume immobile – Pierre Pevel

  1. Très bonne idée ton petit appel à M.Pevel. J’ai cependant trouvé ce tome 3 inférieur au 2 premiers, beaucoup de répétitions dans le style et une fin trop rapide. Mon préféré dans cette trilogie est le second.
    Par contre, même si j’aime beaucoup l’univers, cette trilogie est pour moi légèrement en dessous de ce qu’a fait l’auteur. Pour moi, le top est la trilogie de Wielstatd.

    Aimé par 1 personne

    • En fait, j’ai découvert Pevel avec cette trilogie, donc je manque de points de comparaison avec le reste de son oeuvre (que j’ai bien l’intention de découvrir, en commençant par les Lames du Cardinal).

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