Sept vues sur les gorges d’Olduvaï – Mike Resnick

Un joyau de la forme (pas si) courte en SF !

Je vous ai souvent parlé, sur ce blog, de l’auteur américain Mike Resnick (1942-2020), que ce soit dans mon Guide du Planet Opera, dans le septième épisode de ma série d’articles L’Oeil d’Apophis ou encore dans l’Anthologie Apophienne. Je vous ai particulièrement recommandé le recueil de nouvelles Sous d’autres soleils qui, au moment où je rédige ces lignes, n’est plus réédité (voilà qui aurait d’ailleurs fait un bon candidat pour Archive du futur, la collection « patrimoniale » du Bélial’, mais ceci est un autre problème), parce qu’il contient, entre autres très bons textes (Le Dieu pâle, Les Quarante-trois dynasties d’Antarès, etc.), un véritable chef-d’œuvre (d’ailleurs multiprimé) de la forme courte en Science-Fiction, Sept vues sur la gorge d’Olduvaï. Or, il se trouve que ledit Bélial’ a choisi de rééditer cette novelette (en conjuguant « gorge » au pluriel, ce qui est d’autant plus curieux que le titre original est Seven Views of Olduvai Gorge) dans sa collection Une Heure-lumière le 21 mai prochain. Je ne saurais trop vous conseiller de vous ruer sur l’ouvrage, tant c’est véritablement un joyau (et je pèse mes mots), qui aura pour effet secondaire probable (du moins je le souhaite) de vous inciter à découvrir d’autres pans de la bibliographie de l’auteur.

L’histoire se déroule dans un très lointain futur. L’Homme s’est répandu dans l’espace, colonisant un million de planètes, détruisant les espèces qui osaient lui résister, obligeant les autres à parler sa langue, maintenant la Voie Lactée sous sa poigne de fer pendant 17 000 ans, avant que son empire ne s’étiole et que sa race ne disparaisse. Quatre millénaires plus tard, une expédition scientifique formée de plusieurs races extraterrestres visite la Terre, et plus précisément la Gorge d’Olduvaï en Tanzanie, le lieu où la race humaine est supposée être apparue lors de la Préhistoire. L’un des aliens a un pouvoir psychique qui lui permet de revivre les événements marquants qui se sont déroulés à proximité d’un objet. En examinant sept de ceux qui se trouvent dans la gorge, il va reconstituer l’Histoire humaine, et enfin comprendre, au plus profond de lui-même, comment l’Humain a pu dominer si facilement et laisser une si profonde marque sur la galaxie. Il va ainsi être témoin de la nature meurtrière, esclavagiste, colonisatrice et rapace, intolérante et raciste, destructrice des écosystèmes, sans scrupules et jusqu’au-boutiste de cette espèce, avant de comprendre que l’Histoire n’est qu’un éternel recommencement !

Bijou de construction, d’érudition, cette novelette est certes très marquée par cette Afrique qui a eu une telle importance dans l’œuvre de Resnick (la domination de la galaxie et les exactions subies ne sont qu’une allégorie de celles endurées par ce continent) mais, paradoxalement, elle porte aussi un message à portée universelle sur les tares de l’être humain. Un texte démontrant sans conteste le meilleur (et la puissance) de la nouvelle de SF !

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