Le chant de Kali – Dan Simmons

Coup d’essai, coup de maître !

Une version modifiée de cette critique est parue dans le numéro 101 de Bifrost (si vous ne connaissez pas ce périodique : clic). Vous pouvez retrouver toutes mes recensions publiées dans le magazine sous ce tag.

Le chant de Kali, premier roman publié par Dan Simmons, reçoit le World Fantasy Award 1986, un prix qui, pour la première fois de son histoire, couronne donc un primoromancier. Classé en Horreur selon la taxonomie américaine, il relève en fait plus du Fantastique dans sa forme traditionnelle, dans le sens où Simmons décrit des événements pouvant être interprétés de façon surnaturelle (liés à Kali, la déesse hindoue de la mort) mais trouvant aussi à chaque fois une autre explication potentielle, rationnelle celle là. Et bien entendu, conforme aux codes de ce genre, il ne tranche jamais entre les deux interprétations. La (magnifique et magistrale) conclusion du livre ne laisse cependant aucun doute sur son propos, commun aux deux manières possibles de l’appréhender (en tant que roman historique ou surnaturel) : d’où que vienne le mal, d’anciennes forces divines / cosmiques ou du plus profond de nos âmes, et même s’il s’étend dans le monde, sa voie n’est pas la seule que nous pouvons emprunter.

1977. Robert Luczak est mandaté par deux revues américaines de poésie pour se rendre en Inde, où on prétend que des inédits de Das, le plus prestigieux poète du pays, ont refait surface. Il doit faire authentifier ces poèmes ou rencontrer leur auteur, et en acheter les droits. Des proches de Das lui certifient que les écrits émanent bien de sa plume, mais lui disent qu’il refuse de voir quiconque. Un mystérieux personnage lui raconte toutefois une tout autre histoire : Das serait mort et aurait été ramené à la vie par les adeptes de Kali, un groupe qui relève au mieux de l’Histoire, au pire du mythe. Naviguant entre une sordide réalité faite de crasse et de pauvreté et des récits, des rencontres, voire de troublants rêves, relevant peut-être d’un surnaturel tour à tour fascinant et terrifiant, Luczak finit par perdre pied, et par s’apercevoir que voyager avec femme et nourrisson à Calcutta, dans un pays où l’Hindouisme imprègne chaque aspect de la conception du monde, était une très mauvaise idée.

Il s’agit certes du premier texte au format long de l’auteur, mais une grande partie de ce qui le caractérise est déjà présent : style élégant, atmosphère oppressante, ambiance indienne terriblement bien rendue, érudition et références incessantes à la poésie (centrale dans l’intrigue) et à la littérature blanche / classique, mais aussi relation entre un père et sa fille, peut-être le germe de celle qui sera décrite bien plus en détails dans Hypérion entre Sol et Rachel. Sa structure est très particulière : le gros du récit ne s’étend que sur quelques jours, mais la fin est une ellipse conséquente faisant défiler mois et années très rapidement.

Porté par des personnages profondément humains, dans leurs forces et faiblesses, ce premier récit est le déjà impressionnant héraut de triomphes encore plus grands à venir.

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4 réflexions sur “Le chant de Kali – Dan Simmons

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