Le sens du vent – Iain M. Banks

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Une synthèse de thèmes antérieurs et postérieurs du cycle de la Culture

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Le sens du Vent est le dernier roman du cycle de la Culture écrit par Banks avant de « faire une pause » de 8 ans (de 2000 à 2008, éditions anglo-saxonnes). Et de fait, lorsqu’on a lu, comme moi, l’ensemble du cycle, on peut y voir une sorte de synthèse entre des éléments développés dans les romans antérieurs (Une forme de guerre, l’Homme des jeux, L’usage des armes et Excession), et ceux qui lui sont postérieurs (Trames, Les Enfers Virtuels et La Sonate Hydrogène). Je le considère personnellement comme une sorte de pivot du cycle, non pas parce que c’est le roman le meilleur, le plus important ou le plus indispensable, mais parce que quelque part, c’est un peu celui autour duquel tous les autres ont l’air de graviter.

Développons: dans son ADN, on trouve une référence directe à la guerre Idirane d’Une Forme de guerre, le côté noir, désabusé et mélancolique de l’Usage des armes, une certaine immersion dans la vie quotidienne des orbitales (et une histoire centrée sur l’une d’elles) comme dans la première partie de l’homme des jeux, une histoire d’amour tragique comme dans Excession, la rencontre entre deux civilisations de niveaux technologiques différents et les conséquences de l’intervention (ou de la non-intervention) des uns dans la vie des autres (comme dans Trames), une évocation des moyens de se préserver virtuellement de la mort grâce à la technologie (comme dans Les Enfers Virtuels), et enfin, Last but not least, une emphase sur la musique (une symphonie, plus précisément) et sur la Sublimation (transcendance hors des contraintes du corps physique) comme dans La Sonate Hydrogène. Si j’ajoute qu’on retrouve un système de flash-back comme dans l’Usage des armes (mais avec une construction littéraire moins complexe ou déroutante pour le lecteur), procédé visiblement apprécié par Banks qui le réutilisera également dans Transition (roman SF non-Culture), on se retrouve vraiment avec un patchwork / un best-of / un pivot du cycle. Un best-of des éléments précédemment écrits et un aperçu de ce qui était à venir à l’époque de son écriture.

Pour finir, ajoutons que le ton est plus mélancolique que noir (nous ne sommes clairement pas dans l’Usage des armes), que l’humour présent depuis Excession à une dose conséquente dans le cycle est également bien là, que l’histoire est intéressante (le personnage central, bien que rappelant un peu un de ceux de Larry Niven, l’est aussi), que le rythme est correct, et qu’au final, même si je n’appellerais pas ça un des sommets du cycle, ce n’est en tout cas certainement pas l’un des moins intéressants. Là aussi, un juste milieu, un pivot, autour duquel les moins bons et les meilleurs tournent. On conseillera à la rigueur de lire Une forme de guerre avant, car même si ce n’est pas strictement indispensable, cela donnera un éclairage sur la guerre Idirane commémorée dans Le Sens du vent. Ou à la rigueur, on peut se contenter de lire la postface d’Une forme de guerre (si on le possède) avant d’attaquer Le Sens du vent.

A titre personnel, j’ai relu le Cycle entier après la mort de Banks, et je dois dire que j’ai vraiment apprécié le relecture de ce roman, qui dans mon souvenir était bon, mais pas autant. J’ai presque l’impression qu’il s’est bonifié avec l’âge. Très agréable en tout cas, et ni trop noir, ni trop joyeux. Un juste équilibre en fait.

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