Le château des millions d’années – Stéphane Przybylski

Flou artistique

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Remarques préliminaires : il faut bien situer ce à quoi nous avons affaire avant de le critiquer. Il s’agit du plus gros tirage initial de l’histoire du Belial (5000 exemplaires), surtout lorsqu’on sait qu’il s’agit du premier roman de l’auteur.

Attention, premier roman mais pas premier livre, puisque Stéphane Przybylski a également rédigé plusieurs ouvrages historiques. De plus, il s’agit du premier volume d’une tétralogie (Origines), donc forcément, ce tome 1 ne peut avoir qu’un rythme relativement lent et de longues phases de présentation des personnages et de l’intrigue.

Autre remarque : je ne fais pas de spoiler, il y a un crash d’OVNI dès la… première page du roman. Continuer à lire « Le château des millions d’années – Stéphane Przybylski »

Phenix – Bernard Simonay

Le chef-d’oeuvre méconnu de la science-fantasy française

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Flash-back. Seconde moitié des années 90 (me souviens plus de la date exacte). A la fin d’un TP de chimie quelconque (on doit en étudier cinq types différents dans ma fac), deux de mes camarades de promo (un couple) viennent me voir, très excités, avec un ENORME livre à la main. Ils tiennent ab-so-lu-ment à me le prêter, parce que « c’est encore mieux que le Seigneur des anneaux ! ». Je suis sceptique, je sais très bien qu’ils manquent de références, n’ayant lu QUE le SdA en fantasy justement, et qu’elle a tendance à s’enthousiasmer très facilement. La couverture très roman sentimental, la quatrième, l’éditeur de l’édition en question (Editions du Rocher, pas un spécialiste reconnu de Fantasy, donc), bref rien ne m’inspire particulièrement confiance non plus. Je crains fort de tomber sur une fantasy de bas étage et devoir me taper les plus de 800 pages pour rien ou pas grand-chose. Mais bon, parce que le geste est amical, je le prends.

Vous savez quoi ? Ils avaient raison. Enfin presque. On ne va quand-même pas dire que c’est « mieux que le Seigneur des Anneaux », mais c’est à lire. Vraiment. Pour moi, ça fait partie de ces livres méconnus, voire quasiment inconnus, qui n’auront jamais l’aura du Trône de Fer ou d’Hyperion, mais qui, pourtant, n’ont pas à rougir face à eux en termes de qualité. On peut aussi citer Replay de Ken Grimwood, Mémoire de Mike McQuay ou l’incroyable Inexistence de David Zindell, un des livres de SF les plus visionnaires, riches et hard-SF qu’il m’ait été donné de lire.

Voilà pourquoi c’est intéressant : Continuer à lire « Phenix – Bernard Simonay »

Hyperion – Dan Simmons

LE chef-d’oeuvre de la SF, et plus généralement un grand roman, tout simplement

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Je précise que je ne parle ici que du premier tome du cycle, pas des trois autres (La chute d’Hypérion, Endymion et l’Eveil d’Endymion). Il s’agit pour moi, sans le moindre doute, du plus grand chef-d’oeuvre de l’histoire de la SF. Pourquoi ? Parce que ce roman est arrivé à mêler le meilleur du « Sense of Wonder » de la SF, à évoquer l’intégralité de ses thèmes majeurs, ET à conter tout ça avec une plume d’une qualité proprement extraordinaire, notamment sur le plan du style (ou plutôt DES styles), faisant de lui, bien au-delà des frontières de la SF, un grand roman, tout simplement.

L’éventail des thèmes balayé par le roman est tout bonnement fabuleux. Au moment de sa sortie, Roland C. Wagner avait écrit qu’il constituait un véritable catalogue, en forme d’hommage, de TOUT ce qui avait pu être écrit (de majeur) avant lui. C’est vrai (les passages dans le cyberespace, notamment, ont un fort parfum Gibsonien, d’ailleurs totalement assumé par l’auteur, en forme d’hommage), mais il ne faudrait pas réduire Hypérion à cela. Continuer à lire « Hyperion – Dan Simmons »

La couronne des esclaves – David Weber & Eric Flint

Quasi-indispensable à la compréhension de la série principale, bon et dépaysant en lui-même, ce roman marque aussi la naissance de deux nouvelles héroïnes

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Vous êtes peut-être comme moi, c’est-à-dire que lorsque vous avez lu le tome 10 des aventures d’Honor Harrington, Plaies d’honneur, vous êtes tombé sur des références à des personnages et des événements qui n’étaient pas présents dans le Tome 9, Les Cendres de la victoire. Interloqué, vous vous précipitez vers la liste des romans de l’Honorverse (=l’univers d’Honor Harrington), pour voir si par hasard, vous n’auriez pas sauté un tome. Damned ! Ce n’est pas le cas ! Mais alors, d’où tout cela sort-il ? La réponse est dans ce livre : ces événements ne sont pas décrits dans la série principale, mais dans une des séries dérivées, se passant dans l’Honorverse mais ne mettant pas en scène Honor Harrington.

La question que vous vous posez probablement est : l’achat de ce livre est-il indispensable ? Je dirais non mais oui. Continuer à lire « La couronne des esclaves – David Weber & Eric Flint »

World of Fire – James Lovegrove

Takeshi Bauer-Deckard vs L’agent Smith du Technocentre Cylon

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Soyons clairs, James Lovegrove, écrivain anglais de SF / Fantasy pourtant très prolifique, est loin d’être aussi connu chez nous que certains de ses compatriotes (Alastair Reynolds, Iain Banks ou Peter Hamilton). De fait, bien peu de ses romans ont été traduits, et on ne peut pas dire qu’ils aient la notoriété d’un Hyperion. Ce qui ne veut absolument pas dire que ce soit un mauvais écrivain, et ce roman a tout pour prouver le contraire. A vrai dire, je suis tombé dessus par hasard, et alléché par le résumé, je l’ai acheté. Ce livre a tenu toutes ses promesses, et bien plus encore.

Pour être honnête, ce roman ne brille pas par son originalité : lisez le résumé, et vous vous apercevrez rapidement, si vous vous y connaissez un minimum en SF, que le point de départ de l’histoire ressemble beaucoup à Carbone modifié de Richard Morgan, et que la faction antagoniste ressemble à une civilisation IA comme le Technocentre de Dan Simmons ou toutes celles du célèbre univers du projet Orion Arm. Mais les ressemblances avec d’autres oeuvres bien connues ne s’arrêtent pas là : les dîtes IA, contrairement à celles de l’écrasante majorité des univers SF, ont pour particularité d’être… des fanatiques religieux, alors qu’au contraire, la civilisation humaine a balayé depuis longtemps toute forme de superstition. Ceux qui ont pensé aux Cylons de la série Battlestar Galactica n’ont rien gagné, c’était trop facile. Continuer à lire « World of Fire – James Lovegrove »