Lankhmar – Fritz Leiber

Un des cycles fondamentaux de la Fantasy

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Pourquoi devriez-vous acheter et lire Lankhmar, qui est le premier volume de l’Intégrale du cycle des Épées, et qui réunit les trois premiers livres de ce dernier (Épées et Démons, Épées et Mort, Épées et Brumes) ? Tout simplement parce qu’en matière de Fantasy, ce cycle fait partie des incontournables que tout amateur un tant soit peu sérieux du genre se doit d’avoir lu. Et puis parce que la qualité est là, et bien là.

Fritz Leiber (1910-1992) était un écrivain de science-fiction reconnu (citons Le grand jeu du temps ou Le vagabond), titulaire de 8 prix Hugo et 4 Nebula, mais c’est avant tout un des piliers de la Fantasy d’après-guerre, titulaire de 3 World Fantasy Award, la récompense la plus prestigieuse du genre (au passage, l’un d’eux lui a été attribué pour Notre-dame des ténèbres, que nous classifierions plutôt, en France, dans le Fantastique).

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La Septième épée – Intégrale – Dave Duncan

Des influences combinées de manière originale, une construction magistrale, un rythme parfaitement maîtrisé, une histoire puissante

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J’ai l’habitude, sans spoiler excessif, de décrire à la personne qui va me lire et qui hésite à acheter un livre les thèmes et les influences du livre en question. Cela afin qu’en fonction de ses goûts et / ou de ses lectures antérieures, cette personne puisse voir si le roman peut lui plaire ou pas. Le gros souci avec cette intégrale, c’est qu’il y a deux grosses révélations, une en fin de deuxième tome et une en fin de troisième, et que si j’en dis trop, certains d’entre vous peuvent deviner en quoi ces révélations consistent et donc ternir grandement le plaisir de la découverte (honnêtement, vous pouvez, comme moi, deviner très tôt dans le second tome la révélation de la fin de ce dernier ; pour celle de la fin du troisième, par contre, même moi je n’avais rien vu venir). En conséquence, je vais donc rester succinct, flou, voire évasif.

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Echopraxie – Peter Watts

J’ai bien peur d’être d’accord avec l’auteur…

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… lorsqu’il prédit, dans la postface, que Echopraxie va être sa plus grosse gamelle depuis son roman Béhémoth, surtout en comparaison de l’amour dont bénéficie Vision Aveugle (roman précédent se déroulant dans le même univers qu’ Echopraxie).

Il fait cette prédiction parce qu’il pense qu’il va demander au lecteur une suspension d’incrédulité un peu trop grosse pour lui (religion et hard SF, déjà…), mais, tout en ne faisant pas l’erreur d’écarter tout à fait cette hypothèse, je pense que Echopraxie va se planter pour deux raisons beaucoup plus terre-à-terre :

  • La comparaison avec Vision Aveugle.
  • Le fait que les thèmes et l’intrigue sont beaucoup trop obscurs.

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La Maison d’acier – David Weber / collectif

En un mot comme en cent, indispensable pour tout fan d’Honor Harrington et de son univers

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Ce livre est le premier d’une série de trois devant nous présenter avec un luxe inouï de détails l’univers dans lequel ont lieu les aventures d’Honor Harrington. Ce premier tome est consacré à Manticore et à Grayson.

Il est divisé en trois parties :

  • Un roman court (environ 220 pages)
  • La description complète de Manticore (environ 230 pages, dont plus de 130 consacrées à la Flotte, aux Fusiliers et à l’armée).
  • Celle de Grayson (environ 110 pages).

Plus des annexes (dont certaines très intéressantes, comme la FAQ ou l’article expliquant comment on conçoit une Flotte spatiale). Ajoutez à cela un très beau cahier central (en papier glacé) avec des dessins très réussis nous montrant uniformes, vaisseaux et décorations. Signalons aussi des petits schémas ou dessins (des silhouettes de vaisseaux et d’armes légères, entre autres) dispersés dans toute la description de Manticore et de Grayson, et de très bonne facture.

Bon, mais est-ce que ça vaut le coup que je dépense mon argent pour ça, vous demandez-vous probablement ? Continuer à lire « La Maison d’acier – David Weber / collectif »

La Justice de l’Ancillaire – Ann Leckie

Une histoire correcte, mais loin du chef-d’oeuvre annoncé, et qui va laisser énormément de monde sur le bord de la route

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Si vous lisez ces lignes, c’est que vous avez entendu parler de ce roman, qui a raflé la totalité des prix de SF les plus prestigieux (Hugo + Nebula + Locus + Arthur Clarke) et une bonne partie des moins fameux, et qui nous arrive auréolé des commentaires dithyrambiques de la quasi-totalité de ceux qui l’ont lu en VO. Oh certes, il y a bien un certain nombre de personnes pour dire que ce roman est à fuir comme la peste, mais vous vous dites que ce n’est que le « bruit statistique » de ceux qui de toute façon n’aimeront jamais rien. Devant une telle unanimité, et ne voulant pas passer à côté d’un chef d’oeuvre comme la SF n’en voit peut-être que tous les vingt ans, vous vous apprêtiez à faire comme moi, à commander sans avoir le moindre doute au sujet de ce livre.

Vous savez quoi ? Lisez d’abord ce qui suit. C’est long, mais après ça, vous achèterez (ou pas) en toute connaissance de cause. J’essaye toujours d’être au maximum concret dans mes critiques, mais là je vais faire un effort supplémentaire pour vous donner toutes les clefs objectives pour vous permettre de faire votre choix.

Soyons clairs : ce roman n’est pas à proprement parler mauvais. Il y a de très bonnes choses dedans. Mais il y a aussi de très, très mauvais points, qui vont laisser un nombre effrayant d’entre vous sur le bord de la route. Ils sont au nombre de cinq : le style / la traduction, la clarté, le rythme, l’univers et la structure. Continuer à lire « La Justice de l’Ancillaire – Ann Leckie »

La porte des mondes – Intégrale – Silverberg / Brunner / Yarbro

Une référence de l’uchronie enfin en version complète

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Cette intégrale rassemble quatre textes, écrits par Robert Silverberg (les deux premiers), John Brunner (le troisième) et Chelsea Quinn Yarbro (le dernier), entre 1967 (le premier) et 1990/91 (les trois autres). Le premier texte fait 150 pages, les trois autres environ 65-70.
Ils ont la particularité de se dérouler dans le même univers, créé par Silverberg dans le premier texte (La Porte des Mondes). Il s’agit d’une uchronie, c’est-à-dire d’une Terre où l’histoire a pris un cours différent de celui que nous lui connaissons. Le « point de divergence » (selon l’expression consacrée), c’est-à-dire le moment où notre histoire et celle de ce monde divergent, est la Grande Peste Noire. Sur la Terre de la Porte des Mondes, elle tue 90 % de la population européenne (au lieu de 30-50 % dans notre Histoire), ouvrant la voie à une conquête Ottomane du continent. La conséquence est que les continents américains et africain sont épargnés par le colonialisme européen, et qu’au moment où l’action démarre, dans les années 1960, les grandes puissances mondiales sont les aztèques, les incas, les russes (dont l’Empire s’étend des contrées septentrionales de l’Amérique du Nord à la Chine et au Japon), plusieurs empires africains (dont le Mali, le Ghana et le Songhaï) et bien entendu les Ottomans.

Examinons les quatre textes chacun à leur tour : Continuer à lire « La porte des mondes – Intégrale – Silverberg / Brunner / Yarbro »

L’abîme au-delà des rêves – Peter F. Hamilton

Hamilton fait sa Révolution et nous livre son meilleur roman depuis L’aube de la nuit

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Voilà une nouvelle production de Peter Hamilton extrêmement inhabituelle, qui défie les standards qu’il a lui-même établis. Jusque là, il nous a proposé soit des romans simples (Dragon Déchu, La Grande Route du Nord), soit des cycles complets, en général en trois volumes. Etant donné la taille de la totalité de ces romans, l’édition française les a le plus souvent coupés en deux tomes chacun (certains dépassent les 1000 pages en édition anglaise). Rien de tout cela ici. Ce nouveau cycle ne comptera que deux tomes en VO, et ce premier tome ne fait « que » 645 pages.

Il est donc évident, dès qu’on a fait ce constat, que Hamilton a changé quelque chose à son écriture. Jusqu’ici, il avait l’habitude, dans les grands cycles ou romans uniques comme L’Aube de la Nuit, Pandore ou la Trilogie du Vide, de consacrer des chapitres entiers à présenter les protagonistes, la menace contre laquelle ils vont se battre et les lieux de l’action. Rien de tout cela ici, et ce pour deux raisons. D’abord, certains protagonistes (Nigel Sheldon et Paula Myo) sont déjà connus de ses fidèles lecteurs. Ensuite, pour les nouveaux personnages (ceux du vaisseau Brandt ou ceux de la planète Bienvenido), on les découvre désormais progressivement au travers de l’action. Et ça, mine de rien, c’est un changement colossal, car ça change complètement le rythme de l’action et du roman. Un Hamilton, jusqu’ici (à part à la rigueur Dragon Déchu), c’était le Boléro de Ravel, une lente mais inexorable montée en puissance du rythme et de l’action. Dans l’Abîme, ça ressemble plutôt à un morceau de Metallica, ça commence en mid-tempo et ça finit à 200 à l’heure. Continuer à lire « L’abîme au-delà des rêves – Peter F. Hamilton »

Ariosto Furioso – Chelsea Quinn Yarbro

Une uchronie d’un intérêt discutable, une mauvaise Fantasy, mais paradoxalement… un excellent roman quasi-historique !

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Ce roman est une curiosité. Il arrive à mêler une Uchronie (un monde où l’histoire a pris un cours différent de celui que nous lui connaissons) et un récit de Fantasy imbriqué à l’intérieur. En effet, le protagoniste (le poète Lodovico Ariosto, qui a réellement existé), pour s’évader des intrigues de cour italiennes dans lesquelles il baigne, bien malgré lui, toute la journée, rédige une geste dans laquelle il se fantasme en guerrier intrépide combattant un effroyable sorcier dans une Amérique qui n’a qu’un rapport lointain avec celle de sa réalité.

Bien que la quatrième prétende que le procédé rappelle Le Maître du haut-Château de Dick, le rapport n’est en fait que lointain, alors qu’il est bien plus net dans un roman comme La Porte des Mondes de Silverberg. Continuer à lire « Ariosto Furioso – Chelsea Quinn Yarbro »

Grand Central Arena – Ryk E. Spoor

Quand le meilleur de la SF des années 2010 tente (avec succès) de ressusciter le côté vertigineux du Space Opera des années 50

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L’ambition de l’auteur était, outre de rendre hommage à E.E. Doc Smith (un des géants de l’époque héroïque / classique de la SF), de retrouver l’esprit du Space Opera de l’époque, qui s’est en grande partie perdu aujourd’hui. En gros, on pourrait résumer (très grossièrement) cela par quelques éléments-clefs : des vaisseaux / mégastructures plus vastes que tout ce qu’on pourrait imaginer, une intrigue qui met en jeu le sort du monde / de l’univers ou quasiment, des êtres surpuissants (parfois même quasiment divins), des méchants très méchants et des gentils très gentils, et bien entendu, de la castagne, des batailles, des guerres et des combats (mais menés par des civils ou des paramilitaires, on n’est pas chez Lady Harrington non plus). Et avant tout, deux concepts : Aventure et Sense of Wonder.

Le verdict ? Mission accomplie. Continuer à lire « Grand Central Arena – Ryk E. Spoor »

Le cycle de Takeshi Kovacs – Tome 3 – Furies déchaînées – Richard Morgan

L’apogée d’un cycle de référence en matière de Post-Cyberpunk

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J’ai eu énormément de mal à me procurer ce troisième tome des aventures de Kovacs, qui est resté indisponible (neuf et / ou d’occasion à un prix raisonnable) pendant plusieurs années. Du coup, il s’est passé beaucoup de temps entre ma lecture des tomes 1-2 et celle de ce troisième opus. Et donc, j’avais presque oublié à quel point ce cycle était un mélange éblouissant de Post-Cyberpunk, de SF militaire, de techno-thriller, et de roman noir. Mais tout m’est revenu, comme un coup de poing dans la figure : le monde extrêmement détaillé et cohérent, les dialogues d’une immense qualité, l’ambiance particulièrement prenante et bien rendue, la richesse des intrigues, la profondeur des personnages.

Ce troisième tome a toutes les qualités des deux premiers, mais en encore plus poussé : monde, intrigue et psychologie des personnages encore plus riches, plus de combats, plus de sexe, plus de dialogues. Normalement, si vous avez aimé les deux premiers, il y a peu de chances que vous n’aimiez pas celui-ci. D’autant plus que l’intrigue y est d’une remarquable habileté : Morgan distille tout au long du récit des petits détails, que vous ne remarquez pas forcément, mais qui prennent tout leur sens et qui reconstituent de façon très habile un remarquable tableau général à la fin. Fin qui est vertigineuse et qui aurait fortement appelé une suite (passionnante), qui apparemment ne viendra jamais. Et ça, c’est vraiment dommage.
Certains éléments de ce 3ème livre (Annette, les DéClass, les Minmils) rappellent le monde de La Veillée de Newton de Ken MacLeod, mais en beaucoup mieux fait et en nettement plus intéressant. A noter également la présence de Yakusa du futur, donc si vous aimez ce genre d’ambiance, ce livre pourra également vous intéresser.

Si jamais vous passez par là par hasard et que vous n’avez jamais lu les tomes 1 et 2, mettez-vous au cycle d’urgence : vous trouverez difficilement mieux en matière de SF tout court et strictement rien de mieux en matière de SF (post) Cyberpunk mâtinée de SF militaire. Attention toutefois à ne pas avoir de problèmes cardiaques, c’est de la SF survitaminée et ce n’est pas pour les poètes (bon, c’est pas les Aux’ non plus, hein).