Très, très intéressant
La forêt sombre est la suite du Problème à trois corps. Le roman a été publié en 2008, traduit en anglais en 2015, et c’est à partir d’une version révisée établie en 2016 que la VF a été traduite directement à partir du chinois, à la demande de l’auteur. Deuxième précision, utile pour ceux qui ont lu le tome 1 de cette trilogie : cette fois, vous pouvez parcourir la quatrième de couverture, il s’agit d’un résumé « normal » et pas de la médaille d’or du spoiler comme pour le livre précédent. Enfin, ultime précision, mais qui a son importance : si vous n’avez pas encore lu Le problème à trois corps, je vous déconseille fortement de parcourir cette critique, qui vous dévoilera forcément sa grande révélation (il est strictement impossible de faire autrement, à moins de réduire mon avis à c’est bien / passable / pas bien).
Ce que je peux vous dire est que ce tome 2 est assez différent du premier qui, via ses flash-backs centrés sur la Révolution Culturelle, était ancré dans une certaine réalité concrète. Ici, nous sommes en très grande partie dans une SF plus spéculative, à vaisseaux et ascenseurs spatiaux, rayons à particules et toute la quincaillerie SF que vous pouvez imaginer. Pour autant, malgré quelques défauts, j’ai trouvé La forêt sombre globalement passionnant, et j’ai vraiment hâte de lire le tome 3 (l’année prochaine à la même époque ?). Continuer à lire « La forêt sombre – Liu Cixin »
Kim Stanley Robinson (KSR) est un auteur américain de SF (et de Cli-Fi -fiction climatique-) multi-primé (un World Fantasy Award, 6 prix Locus, 3 Nebula -dont un pour le roman dont je vais vous parler aujourd’hui-, 2 Hugo) considéré comme un des plus importants écrivains (particulièrement de Hard-SF) du genre. Contrairement à la majorité de la SF américaine, ses thèmes de prédilection (anticapitalisme et modèles économiques et politiques alternatifs, écologie, justice sociale) le placent à gauche de la scène politique et dans une niche singulière par rapport à ses petits camarades. Malgré tout, sa fascination pour les nouvelles frontières (représentées ici par la colonisation spatiale) l’inscrit pleinement dans une des thématiques favorites de la science-fiction américaine.
Geoffrey Alan Landis est un sacré bonhomme, c’est le moins qu’on puisse dire. Scientifique travaillant à la NASA (spécialiste de l’énergie solaire), il est aussi poète et un écrivain de SF très prolifique, spécialisé dans la forme courte. Il a obtenu, pour ses nouvelles et novellas, la bagatelle d’un Nebula, un Locus, deux Hugo et un prix Theodore Sturgeon, ce dernier précisément pour le texte dont je vais vous parler aujourd’hui. Il s’agit d’un roman court d’une centaine de pages (très aérées), présenté sous une superbe couverture (une de plus !) signée par l’impeccable Aurélien Police. Je n’achète plus si souvent mes bouquins sous forme physique (l’e-book coûte moins cher et prend moins de place), mais là…
Dans le sillage de Poséidon est le troisième et dernier titre du cycle Les enfants de Poséidon, après
Ian McDonald est un écrivain britannique (irlandais par sa mère) vivant à Belfast. Les conflits d’Irlande du Nord (et les facteurs qui les sous-tendent) ont d’ailleurs marqué son oeuvre, qui est également caractérisée par son fort aspect technologique et postcyberpunk, par une tendance aux contextes exotiques (inspirés par l’Inde, la Turquie, l’Afrique, l’Amérique du sud) et par des économies et des sociétés en plein développement ou changement de paradigme.
Au-delà du gouffre est un recueil de 16 nouvelles, écrites entre 1990 et 2014 par Peter Watts. Onze d’entre elles sont totalement inédites en français, tandis qu’une autre (Nimbus) est proposée dans une nouvelle traduction. L’auteur canadien, biologiste de formation, spécialiste des fonds marins et de leur faune, est un des écrivains de (Hard) SF les plus éblouissants apparus ces trois dernières décennies. J’ai personnellement un énorme respect pour sa démarche, qui consiste à ne jamais sous-estimer, et encore moins insulter, l’intelligence de son lecteur en lui offrant du pré-mâché. Son oeuvre est riche, complexe, mais si vous faites l’effort de tenter d’y entrer, vous serez récompensé par des textes d’une rare inventivité, basés sur les théories les plus pointues de notre bien réelle science du XXIe siècle (à la Greg Egan, mais en -un peu- plus accessible au commun des mortels). Inutile, donc, de dire à quel point j’attendais la sortie de ce livre avec impatience, en immense fan de Hard-SF que je suis.
On ne présente plus David Brin, surtout pas sur ce blog où il a déjà fait l’objet de trois critiques différentes. Existence, publié en VO en 2012, signe son retour à l’écriture de romans après une pause… de dix ans. Sachant que Brin est capable du meilleur (
Cixin Liu (ou plutôt, sous la forme chinoise correcte -beaucoup de peuples asiatiques mettent le nom de famille en premier-, Liu Cixin) est un auteur de science-fiction chinois de 53 ans, le plus connu dans son pays. En plus d’être lauréat de neuf prix Galaxie (la plus prestigieuse récompense en matière de SF dans l’Empire du Milieu), il a aussi gagné le Hugo 2015 pour le roman dont je vais vous parler aujourd’hui (le premier d’une trilogie). Ce couronnement est doublement remarquable : d’abord parce qu’il est le premier auteur de nationalité chinoise a être récompensé par le Hugo, et ensuite parce que c’est la première fois que ce dernier est attribué à une traduction (c’est Ken Liu -aucune parenté- qui a réalisé cette dernière). Signalons au passage que ce n’est pas la version anglaise qui a été traduite en français, mais bel et bien la version originale en mandarin.
Adrian Tchaikovsky est un auteur britannique confirmé (et, dans la vie de tous les jours, un juriste), écrivant aussi bien de la Fantasy (son cycle Shadows of the Apt, qui compte la bagatelle de dix romans, plus un peu de Flintlock et même de la Fantasy à la limite de la parodie) que de la science-fiction. Children of Time relève de ce dernier genre : lauréat du prix Arthur Clarke 2016, ce livre a impressionné d’autres écrivains de SF (et pas des moindres : citons James Lovegrove et Peter Hamilton) par l’ambition de son propos. L’auteur est un entomologiste amateur, et le monde des insectes a fortement inspiré son oeuvre (dans Shadows of the Apt, chaque civilisation tire son nom et certaines de ses particularités d’un type d’arthropode particulier). De plus, souvent, dans ses livres, la technologie n’est pas statique mais évolue constamment. Children of time ne fait pas exception : suite à une expérience d’élévation (comme chez David Brin) qui a mal tourné, nous suivons l’évolution de races d’araignées, de fourmis et d’autres créatures sur une planète extrasolaire, tout en contemplant les efforts désespérés des derniers représentants de l’humanité pour survivre à l’auto-destruction de la Terre.