Anthologie Apophienne – épisode 18

L’anthologie Apophienne est une série d’articles sur le même format que L’œil d’Apophis (présentation de trois textes dans chaque numéro), mais ayant pour but de parler de tout ce qui relève de la forme courte et que je vous conseille de lire / qui m’a marqué / qui a une importance dans l’Histoire de la SFFF, plutôt que de vous faire découvrir des romans (forme longue) injustement oubliés. Si l’on suit la nomenclature anglo-saxonne, je traiterai aussi bien de nouvelles que de novellas (romans courts) ou de novelettes (nouvelles longues), qui sont entre les deux en terme de nombre de signes. Histoire de ne pas pénaliser ceux d’entre vous qui ne lisent pas en anglais, il n’y aura pas plus d’un texte en VO (non traduit) par numéro, sauf épisode thématique spécial (ce qui est le cas aujourd’hui). Et comme vous ne suivez pas tous le blog depuis la même durée, je ne m’interdis absolument pas de remettre d’anciennes critiques en avant, comme je le fais déjà dans L’œil d’Apophis.

Sachez que vous pouvez, par ailleurs, retrouver les anciens épisodes de cette série d’articles sur cette page ou via ce tag. Continuer à lire « Anthologie Apophienne – épisode 18 »

Lectures 2023-2024

Un article, 9 chroniques !

Comme vous le savez sans doute, j’ai dû interrompre l’activité de ce blog pendant un an du fait de problèmes de santé (principalement) et autres. Je ne me suis toutefois pas totalement arrêté de lire : cela s’est parfois fait laborieusement, mais je suis arrivé à terminer un certain nombre de choses (plus trois abandons – Coldheart Canyon de Clive Barker, The Boy who walked too far de Dom Watson et The Cold between d’Elizabeth Bonesteel – et un certain nombre de « on reprendra ça plus tard » après quelques pages – dont L’Âge des lumières de Ian McLeod et Ventus de Karl Schroeder), dont certaines très intéressantes, lectures qu’il aurait été dommage de passer sous silence. Le truc, par contre, c’est que je n’ai pas pu faire une lecture aussi analytique que d’habitude, en raison de la fatigue et / ou du brouillard mental, ce qui s’est aussi manifesté par le fait que dans l’écrasante majorité des cas, je n’ai pas pris les abondantes notes qui sont un peu ma marque de fabrique dans la blogosphère SFF. Si on ajoute à cela le fait que je suis très mal à l’aise avec les chroniques faites, même à l’aide de notes, longtemps après la lecture du livre concerné, mon avis sur ce dernier sera donc plus succinct et moins détaillé que ceux auxquels vous êtes habitués si vous suivez le Culte depuis un certain temps (pas de panique, les « vraies » critiques commenceront à revenir dès février). Il s’agira plus de mini-, voire micro-chroniques que des « dissections » qui ont fait ma « renommée ».

Il me faut aussi préciser que dans ces lectures, certaines débordent un peu du cadre de mon année « sabbatique », et s’étendent sur une partie de 2023, où le blog était toujours en activité mais où je donnais la priorité (deadline oblige) à mes critiques écrites pour le magazine Bifrost, ce qui fait que certaines choses ont été lues pour le blog mais pas chroniquées dans la foulée.

Dans le reste de l’article, les livres ne sont pas vraiment classés (et surtout pas dans l’ordre chronologique des lectures), à part le fait que la première chronique concerne ma meilleure lecture dans le lot et les deux suivantes celles qui m’ont laissé le plus froid. Pour le reste, c’est essentiellement dans l’ordre où ça me revient. Et d’ailleurs, à ce propos, il est possible que j’oublie des choses (un des inconvénients à ne pas avoir pris de notes, justement), donc si je m’en aperçois, à l’avenir, je ferai un complément à cet article, par exemple dans une des Apophis Box mensuelles. Continuer à lire « Lectures 2023-2024 »

Apophis Box – Janvier 2025

Elfes et mutation, sources de Hard SF (de qualité) autres que les romans et « Belle au bois dormant »… en SF

L’Apophis Box est une série d’articles… n’ayant pas de concept. Enfin presque. Bâtie sur le modèle des « box » cadeau, vous y trouverez à chaque fois trois contenus / sujets en rapport avec la SFFF, qui peuvent être identiques ou différents entre eux, et qui peuvent être identiques ou différents de ceux abordés dans la box du mois précédent. Pas de règle, pas de contraintes, mais l’envie de créer du plaisir, voire un peu d’excitation, à l’idée de découvrir le contenu de la nouvelle Box. Le but étant aussi de me permettre de publier des contenus trop brefs pour faire l’objet d’un des types d’articles habituellement proposés sur ce blog ou dérogeant à sa ligne éditoriale standard, et bien sûr de pouvoir réagir à une actualité, à un débat, sans être contraint par un concept rigide.

Vous pouvez retrouver les Apophis Box précédentes via ce tag.

Au sommaire de cette box de janvier 2025 :

The A(pophis)-Files – épisode 12 : It’s a kind of magic * – le Magicbuilding

* Queen, 1986.

afiles_3Le processus de création d’un univers de Fantasy, que ce soit pour un roman, un jeu de rôle, un comic / une BD / un manga, une série / un film, un jeu vidéo ou quoi que ce soit d’autre est nommé en anglais le worldbuilding, littéralement « construction du monde ». Un de ses multiples aspects (géographie, économie, géopolitique, systèmes de gouvernement, etc.) est le magicbuilding, qui concerne spécifiquement la magie (en SF, l’équivalent pourrait être l’explication sous-tendant l’éventuel voyage à une vitesse supraluminique). Le présent article se propose de détailler les questions essentielles qu’il faut se poser pour bâtir un magicbuilding digne de ce nom (balancer des tas de trucs sans rien expliquer n’a jamais constitué un magicbuilding, n’est-ce pas), et pourrait donc paraître avant tout destiné aux romanciers ou aux créateurs de jeux ; toutefois, il a aussi (et peut-être même surtout) été conçu pour donner aux lecteurs de ces oeuvres des éléments leur permettant d’analyser celui qui leur est proposé, sa richesse / complexité, sa cohérence, l’effort (ou pas…) mis à créer quelque chose d’original, d’intéressant ou d’élaboré. Un des buts de ce blog a toujours été de donner à ses abonnés une échelle comparative leur permettant de distinguer le bon grain de l’ivraie (compte tenu de leurs goûts personnels, bien entendu), et c’est très clairement un aspect de sa politique éditoriale que je vais désormais intensifier.

Certains, simples lecteurs ou même auteurs, balaient la chose d’un revers de la main. Selon eux, « Un roman n’est pas un jeu de rôle ! », « La Fantasy n’est pas la SF, on ne doit pas tout expliquer ! », « Cela tuerait le mystère et le merveilleux ! ». On rappellera, factuellement, que les passerelles entre romans de Fantasy et Jeu de rôle sont nombreuses (certains écrivains de SFF écrivant des jeux ou des suppléments -et la chose n’est pas récente : on se rappellera par exemple de Walter Jon Williams se chargeant notamment de l’adaptation de son propre univers cyberpunk pour le jeu éponyme-, tandis que d’autres commencent par le jeu de rôle avant de basculer vers l’écriture de romans) et concernent certaines des plus grosses pointures du domaine (ne serait-ce que Jean-Philippe Jaworski), ou que certains des auteurs ayant eu le plus grand succès ces dernières années, que ce soit au niveau mondial ou en France, sont justement caractérisés par et encensés pour leur magicbuilding de pointe (Brandon Sanderson, Robert Jackson Bennett et ses Maîtres Enlumineurs, etc.). Et concernant « Cela tuerait le merveilleux ! », lisez Terremer, notamment, pour avoir un magnifique contre-exemple… On rappellera aussi que certaines décisions sont cruciales si le projet est supposé s’inscrire dans un sous-genre bien précis (une hypothétique Urban Fantasy ne contenant aucune magie / créature surnaturelle ne relève en fait pas de ce registre…), et qu’au-delà du fait de ne pas passer pour un auteur feignant ou sans imagination, le magicbuilding peut générer une intrigue (si, si) en plus d’une explication de la présence de la magie dans votre monde (j’y reviendrai plusieurs fois). Continuer à lire « The A(pophis)-Files – épisode 12 : It’s a kind of magic * – le Magicbuilding »